samedi 17 janvier 2015

David Duriez : "Brique Rouge a 15 ans"

Quand on a rien d'intéressant à dire, y a des fois, où il vaut mieux se taire. Quelques uns de nos lecteurs nous ont tellement crié leur amour, qu'il nous a bien fallu nous remettre au travail.
Alors pour bien commencer l'année, nous mettons aujourd'hui à l'honneur un des meilleurs DJ & producteur français. Il a accepté de répondre à nos questions, et nous parle de ses projets pour cette nouvelle année.
Ah, oui, j'allais oublier, meilleurs vœux, au fait ;)

Bonjour David, 
Commençons par l’exercice pas facile de la présentation…David Duriez, pour qui connait un petit peu la musique électronique, ça nous évoque Brique Rouge, ton label si je ne me trompe pas.. mais n’étant pas une encyclopédie, et pour m’éviter de plagier d’autres auteurs de blogs (oui, ça nous arrive de nous faire accuser de plagiat), peux-tu nous dire un peu mieux qui tu es ? Depuis combien de temps tu es « tombé dans la marmite » ? Quel a été ton parcours ?

Et bien ça commence à faire un long parcours, premier maxi d'une longue lignée  sorti en 1994 et création du label Brique Rouge en 1999,  Plus de vingt ans derrière les platines, plusieurs fois le tour du monde dans les années 2000, je te résume rapidement une vie dédiée  à la musique. 


Ce n’est peut-être que mon impression mais il me semble que tu avais un peu « disparu » pendant un petit moment ? Qu’est ce qui t’a donné envie de revenir sur le devant de la scène ? 

Oui j'ai volontairement stoppé mes activités après mon set à au festival de Benicassim pendant l'été 2009, Je ressentais le besoin de revenir à l'essentiel dans ma musique et de me refaire des oreilles fraîches, J'ai souvent dit à l'époque que je ne trouvais plus ça drôle, et quand ce n'est plus drôle... J'ai donc pris un peu de recul, et ce qui ne devait être qu'une année sabbatique s'est un peu éternisé et me revoilà 5/6 ans après prêt à en découdre.

Depuis quelques jours, on voit apparaître sur des réseaux sociaux des liens qui proposent de télécharger gratuitement les versions digitales de tes productions, sur une plateforme qui m’est apparue comme toute neuve…je suis curieuse, et je crois que je ne suis pas la seule à avoir envie que tu nous expliques cette démarche généreuse, si tu veux bien ? 

J'ai été, avec mon label Brique Rouge, le premier label indépendant français de musique électronique à proposer des mp3 à la vente en ligne sans drm, On parle de 2003/2004, J'avais également de grands projets pour le développement d'une plate forme de distribution de MP3. Hélas nous n'avons pas fait le poids face aux mastodontes du secteur et j'ai donc déposé les armes,  L'idée aujourd'hui de proposer la plupart de mes morceaux en téléchargement gratuit sur certains réseaux sociaux, c'est simplement de m'imposer à nouveau à toute une génération qui ne me connaît pas forcément et qui n'ira certainement pas acheter mes tracks sans un bon buzz au préalable. Considérant que sortir du lot actuellement est un travail titanesque, j'ai choisi de mettre un coup de pied dans la fourmilière. Après tout, ce que j'ai toujours voulu avec le label, c'est diffuser le plus largement possible ce que j’entends être de la bonne musique de club. 

Pour le download gratuit c'est par ici : 
http://dhs-thehouseofgoddavidduriezillegalwarfareremix.viinyl.com/
http://ononoriginal1997mix.viinyl.com/


D’autres choses dans ton actualité ?  un scoop pour Electrosisters ?

Beaucoup de choses à venir et particulièrement des remixes, pour la label de Claude Monnet, pour Josh Wink et Ovum, pour Dj Sneak, pour Blacksoul Music, pour le groupe Panda Electric Garden sur le label d'Edouard Rostand, 1 ou 2 gros labels allemands donc je ne peux pas parler encore,  un projet avec Justin Harris (Freaks), un autre avec mon vieux camarade Mazi de Chicago,  en bref plus d'une dizaine de remixes à sortir dans les prochains mois.
Aussi un nouveau maxi pour le label anglais Something Different avec qui je collabore depuis 1 an.

Ce weekend, tu mets un peu de France à l’honneur en Belgique je crois ? Joli plateau…tu nous en parle un peu ?  


http://lc.cx/LB8
La réunion de potes dans ce qui est le nouveau temple de la Techno de qualité dans le sud de la Belgique : Manuel-M avec qui j'ai sorti le maxi « 9 minutes of Madness » sur Classic Music Company en 2014,  Madben que je viens de signer pour un titre sur Brique Rouge, le vieux briscard Fabrice Lig que j'ai connu chez F Com, et enfin Laurent Maldo et Jules Wells qui ont signé chez KMS et qu'on retrouvera sur Brique Rouge pour un remix prochainement, Autant dire que ça va chauffer !

L'event Facebook pour ce soir, 17 janvier 2015http://lc.cx/LB8




un grand merci David et à très vite !





lundi 30 décembre 2013

On a lu : Laurent Garnier & Louis Chedid "Ainsi soient-ils"

Si vous avez raté l'Itw du maître de la musique Electronique et de l'une des figures les plus respectées de la chanson française voici un résumé de cette rencontre rare. (Propos recueillis par Patrice Bardot).



Cette belle histoire démarre il y a 7 ans. Laurent Garnier, l'emblème de la musique électronique dans notre pays et même au delà, pose ses meubles dans un village du Sud Est de la France et découvre rapidement que son voisin n'est autre que Louis Chedid.
Même si Laurent connait Mathieu, le fils du chanteur, leur relation se construit naturellement. Il y a la musique, bien sur, mais surtout une passion commune pour les machines.
C'est de la bouche d'un vendeur d'un magasin de musique à Pigalle que Laurent à appris que Louis comptait parmi les 3 personnes (dont un certain Christophe) les plus calées en France dans ce domaine.
Début octobre 2011, la présence simultanée à Paris des deux hommes (l'un termine sa tournée au Grand Palais tandis que l'autre démarre la promotion de son dernier album) a donné l'occasion de réunir les 2 amis.

Laurent Garnier : Pourquoi as tu appelé ton album "On ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime ?
Louis Chedid : Je ne sais pas ce qu'il en est pour toi, mais de mon côté j'ai du mal à donner un nom à un album. D'habitude, au dernier moment, je demande à mes proches, on regarde dans les textes et on finit par trouver... Là, c'était le contraire, j'ai d'abord composé la chanson du même nom puis je me suis rendu compte que cette phrase parlais aux gens. Je me suis dit aussi que ce serait marrant d'avoir un titre très long...

Laurent Garnier : Tu aurais pu choisir un titre pareil il y a 10 ans ?
Louis Chedid : Non, je ne pense pas. Certains journalistes me disent que c'est comme une espèce de testament. Je leur réponds que chaque fois que je sors un disque, je fais comme si c'était mon premier et mon dernier. Je suis lucide, je suis oriental. Dans ma tête, ça pourrait s'arrêter demain, ce n'est pas triste.

Ce disque est à la fois très pudique mais aussi très intime.
Louis Chedid : Dans les années 70-80 dire "je t'aime" était impossible pour les chanteurs de ma génération car c'était synonyme de Mike Brant ou Stone&Charden.
Laurent Garnier : Johnny Halliday "Que je t'aime", ça a quand même de la gueule, c'est autres chose que Mike Brant ! (rires)

Louis Chedid : Aimerais tu enregistrer un jour avec ton fils ?
Laurent Garnier : Pour l'instant, il a 8 ans et il est karatéka ! Mais j'ai déjà utilisé sa voix dans le morceau "Bourre pif" sur mon album Tales of a Kleptomaniac.

Laurent Garnier : Aujourd'hui, il n'y a pas une certaine compétition entre Mathieu et toi ?
Louis Chedid : C'est des trucs de journalistes, ça. Il n'y a pas plus de rivalité avec Mathieu qu'avec Souchon par exemple. Quand j'entends ses chansons ou quand je le vois sur scène, je me dis "il est trop fort ce mec"... On ne peut souhaiter que le meilleur pour son enfant. Je préfère ça plutôt qu'il végète et fume des pétards dans sa cave.

Louis Chedid : Et toi tu aimerais que ton fils soit musicien ?
Laurent Garnier : Le seul truc que j'aimerais c'est lui donner ma collection de disques et surtout qu'elle signifie quelque chose pour lui. Malheureusement nous sommes dans une période où une collection de disques c'est plutôt un fardeau! Quand on s'est installés à la campagne, les déménageurs m'on dit "On ne veut plus jamais vous revoir monsieur" (rires). Cette collection c'est ma vie! Cela dure depuis mes 6-7 ans quand j'ai piqué à mon cousin un 45 tours de Barry White. Je l'ai encore dans sa pochette, même si le disque est cassé en deux.

Louis Chedid : Est ce que ça te manque de ne pas pouvoir faire passer des sentiments ou des idées avec des paroles ?
Laurent Garnier : Je le ferais si j'en éprouvais le besoin. je l'ai d'ailleurs déjà fait sur "Dealing with the man". Pour autant, j'ai écouté tellement de musiques instrumentales que j'ai tendance à considérer la voix comme un instrument plutôt que comme un moyen de dire des choses... J'ai beaucoup écouté de musiques anglaises quand j'étais petit et je ne comprenais pas ce qu'ils me racontaient.

Louis Chedid : Il écoutaient quoi tes parents ?
Laurent Garnier : La seule chanteuse française qu'on entendait à la maison c'était Annie Cordy qui, quoi qu'on pense est une grande artiste très bonne actrice en plus.

Louis Chedid : Sais tu pourquoi les musiciens électroniques s'expriment si peu sur la politique ?
Laurent Garnier : Sans doute parce qu'on les a très longtemps considérés comme des "débiles mentaux drogués". Il leur a déjà fallu beaucoup se battre pour se faire admettre comme des musiciens à part entière... Il ne faut jamais oublier que l'anonymat fait partie de la musique électronique qui a longtemps rejeté le star system : la musique est plus importante que les musiciens. C'était ça la Techno, agir sans que l'on sache qui fait quoi. La techno c'est comme le jazz, on est dans l'imaginaire...

Laurent Garnier : Avant de me rencontrer quelle image avais tu de la techno ?
Louis Chedid : Puisque j'ai toujours été fasciné par les machines, je peux dire en quelque sorte que j'ai toujours rêvé de produire la musique que tu fais. pourtant je n'en ai jamais compris les règles. Je serais incapable par exemple de laisser tourner la même boucle pendant 3 minutes, même si techniquement je suis capable de le faire.
Laurent Garnier : Ah oui ça tu es capable, tu es un fou de machines comme j'en ai rarement rencontré. On se connait depuis 7 ans et c'est toi qui m'a conseillé d'acheter le matériel que j'utilise aujourd'hui.

Laurent Garnier : Tu te souviens à une époque on faisait du vélo ensemble et on s'était dit "Tiens pourquoi on ne ferait pas de la musique tous les deux ?"
Louis Chedid : D'ailleurs il y a une histoire entre nous à ce sujet qui est assez drôle...
Laurent Garnier : Ah oui ! Un soir on dinait ensemble et Louis m'a donné le 45 tours "Hold up" en me disant "Tiens il ne me sert plus à rien, je te le file". Je suis rentré chez moi et je l'ai écouté : c'était un disque que je cherchais depuis la nuit des temps et je ne savais pas que c'était lui qui l'avait fait !  C'est un morceau très important pour la musique électronique des années 80.
Louis Chedid : Laurent est entrain d'en faire un remix tandis que je dois imaginer une version acoustique de son "Wake up".
Laurent Garnier : On aimerait sortir ça en maxi. Ca emmerderait les gens qui ont des a priori aussi bien sur la chanson française que sur la techno. J'adore cette idée.

Laurent Garnier : Une question personnelle pour finir : Qu'est ce que vous mettez dans les biberons de la famille Chedid ?
Louis Chedid : Il n'y a pas de potion magique à la Astérix (rires). C'est beaucoup plus simple que ça n'en a l'air. Mes enfants tracent leur route, ce n'est pas moi ni leur mère qui font ce qu'ils sont...






vendredi 28 juin 2013

Awakening Festival, ce week end on part prendre le vert à Amsterdam

 
On est à la veille des vacances scolaires et franchement vu le temps qu'il fait à Paris, on a qu'une seule envie : prendre son sac et partir loin de la pluie juste pour un week end.

Côté météo c'est un peu la catastrophe sur toute la planète, donc foutu pour foutu je cherche un lieu où je pourrais prendre la pluie en musique.
J'ai trouvé : la Hollande l'autre pays de la Techno. Direction Awakenings Festival.

L'appel est lancé pour le meilleur festival des Pays-Bas de ce début d'été, je prend un sac et un kway, direction Amsterdam.



Pour sa 13em édition le Festival Awakenings a réunis la crème de la crème des artistes de techno du monde entier. Un marathon de 12 heures attends les clubbers en plein cœur d'une base de loisirs. De quoi nous réconcilier avec le sport et la nature.

AREA V (open air stage)
Kevin Arnemann, Joris Voorn, Len Faki, Sven Väth, Pan-Pot, Carl Cox.

AREA W (open air stage)
Joran Van Pol, Melon, Gui Boratto (LIVE), Fritz Kalkbrenner (LIVE), Loco Dice, Marco Carola.

AREA X
Jeroen Seach, The Advent (LIVE), Green Velvet, Ben UFO, Speedy J, Oscar Mulero & Reeko, Vitalic (LIVE), Dj Rush.

AREA Y
Jasper Wolff & Maarten Mittendorff, Peter Van Hoesen, Jeff Mills, Blawan, Dave Clarke, Modeselektor (LIVE), Ben Klock & Marcel Dettmann.

AREA Z
Abstract Division, Tim Wolff & Invite, Fatima Hajji, Pet Trio, Pink Noise, Triple Religion, O.b.i & Viper XXL.

AREA A
Mirella Kroes, Trentemoller (DJ SET), Ivan Smagghe, James Holden, DJ Koze, Miss Kittin, Gesaffelstein.

AREA B (semi open air stage)
Manic Brothers, Bart Skils, Nicole Moudaber, Ida Engberg, Aan Fitzpatrick, Be Sims (LIVE), Joseph Capriati, Adam Beyer.

AREA C (Island)
Some Chemistry & La Vondel & Menu (LIVE), Awanto3 (LIVE), Noir, Olivier Koletzki, Max Cooper (LIVE), Keinemusik, Extrawelt (LIVE), Mathias Kaden.




Sportifs ou non, à Awakenings vous en prendrez pleins les yeux et les oreilles !!! Au programme light show et feux d'artifices pour clôturer les festivités.
 
 
 

samedi 13 avril 2013

Depeche Mode un groupe au sommet de son art et à l'octave de son existence.


2013 sera donc l'année des retours et des anniversaires !!!
Après un "nouvel" album de Jimi Hendrix, le retour de David Bowie, celui plus ou moins réussi de Justin Timberlake... Nous, amateurs de musique, avons droit au nouvel album de Depeche Mode : "Delta Machine".

Pour la petite bio, Depeche Mode est un groupe britannique des années 1980 qui a influencé de nombreux DJ et musiciens electro comme Miss Kittin. Ce sont sur les décombres du Punk que ces 3 jouvenceaux (Dave Gahan, Martin Gore et Andy Fletcher) lâchent leurs guitares pour s’armer de synthés et faire le dernier truc à la mode : De la New Wave.


Alors maintenant pour la nouvelle génération ça parait loin les années New Wave et comme je ne suis pas là pour écrire une rétrospective du mouvement, je résumerais pour nos jeunes lecteurs : "La New Wave c'est du Rock fait par des synthés."

Celui qui n'a jamais fredonné un morceau de Depeche Mode ??? Me jette la première pierre... : "Just Can't Get Enough", "Everything Counts", "Enjoy the Silence", "Personal Jesus", "Never Let me Down Again "... j'en passe et des meilleurs. 30 ans de carrière quand même.

Du coup pour écrire cet article je me replonge dans les vieux tracks du groupe et remontent en moi un tas de souvenirs et d'émotions : leur concert où j'ai crié comme une fan hystérique, versée ma première larme sur mes boots en cuir, mon vieux perfecto et mon foulard tête de morts, mes K7 audio et surtout ma coupe de cheveux ridicule.






Mais revenons au années 2000 et à une coupe de cheveux plus traditionnelle !!

Quatre ans après Sounds Of The Universe, Depeche Mode publie le 25 mars 2013 un nouvel album intitulé Delta Machine. Il comprend 13 chansons, dont l’extrait Heaven sorti le 5 février dernier.

Influencé par le blues, ce treizième album «se situe à mi-chemin entre Violator et Song of Faith and Devotion», expliquait récemment le leader Dave Gahan, au Figaro.fr .
Ce n'est pas un disque de blues, mais du blues version Depeche Mode (le "Delta" du titre fait référence au Delta blues, issu du Mississippi).

Un album trop lent pour faire une tournée ?
Mais peu importe, pour tout fan de Depeche Mode, et malgré leur recherche permanente de nouveauté, d'évolution, on retrouve ce qui a fait le succès de ce groupe. "Delta Machine" reprend le côté glacial qui a déjà fait leur empreinte mais aussi le côté "électro" de leurs débuts.






Album qu'ils défendront lors d’une nouvelle tournée mondiale qui passera par la France au mois de juin (34 concerts dans 25 pays européens). Celle-ci commencera le 7 mai 2013 à Tel Aviv (Israël) pour s'achever à Minsk (Biélorussie) le 29 juillet.

En France, deux concerts ont été confirmés : le 15 juin 2013 au Stade de France et le 16 juillet dans les Arènes de Nîmes.


Depeche Mode est un groupe au sommet de son art, à l'octave de son existence. Prise de risque constante, remise en cause salvatrice, recherche et exploration des univers sonores encore inexplorés...

"Delta Machine" en est flippant de maîtrise, à la fois intimiste et introspectif, on n'en sort pas indemne. Mais pas de panique, au bout de cette noirceur incroyable, il y a une lumière où il est écrit "sortie de secours".






 On sort le perfecto et on met le son à fond !!!