mercredi 16 novembre 2011

Records of the week by Pedro Datana N° 11


Voilà un petit moment que je n'avais pas rédigé un article pour nos chères Electrosisters! Sous la pression, voire même le couteau sous la gorge de l'une d'entre elles (elle rigole pas la Commandante...), j'ai fini par céder...

Aujourd'hui je vous présente ceci : Marc Romboy & Paris The Black FU - "Dark N' Lovely (Kenny Larkin remix)" - Systematic records(2011)

Celà fait déjà plusieurs semaines que j'ai découvert ce morceau, qui m'a particulièrement scotché dès la premère écoute. Un des plus beaux morceaux de l'année 2011, à coup sûr!

L'artiste :

Le morceau original est signé Marc Romboy. Je m'intéresserai surtout au remix qu'en a fait Kenny Larkin, qui est selon moi la petite merveille de ce maxi.

Mais revenons rapidement sur cet Allemand qu'est Marc Romboy. Ce dernier est dans la musique depuis déjà une bonne décennie. Il crée le label Systématic records en 2004 à Berlin, qui devient la plateforme de ses propres productions. Le remixeur du morceau original n'est autre que le très célèbre et très doué Kenny Larkin.

Kenny Larkin est de la 3ème génération des producteurs techno de Detroit. Il sort de l'ombre en 1990 en signant son premir maxi sur le label Plus8 (label tout nouvellement fondé par Richie Hawtin et John Acquaviva). Il s'installe par la suite dans le paysage musical de la Motor City en signant un maxi sur Transmat en 1992 (label de Derrick May), qui va faire le tour de la planète techno: "War Of The Worlds". Il devient définitevement dans les années suivantes une figure de proue du Detroit sound avec 3 albums très réussis en moins de 2 ans, "Azimuth", "Metaphor" et "Catatonic" qui sortent sur les très respectés labels européens Warp et R&S. Il fonde dans le même temps un label, Art Of Dance.

Mais sa réussite musicale, alliée au fait qu'il fait partie d'une famille aisée, ne plait pas à tout le monde. A la fin des années 90, il est blessé en étant poignardé chez lui! Il décide alors de quitter Detroit et de s'installer en Californie, afin d'y assouvir aussi sa passion pour la comédie. Il met de coté pendant quelques années sa carrière de DJ et producteur.

Il revient sur le devant de la scène en 2004 avec 2 albums coup sur coup: "The Narcissist (sorti sur Peacefrog) et l'album "Funkfaker: Music Saves My Soul" (sur Poussez!). Ce dernier est selon moi l'un des plus réussis. Il y est fait ressortir tout son art de l'électronique avec un savant mélange de funk, de soul et de house particulièrement brillant. Par la suite, il ressort sur Rush Hour différents maxis réalisés dans les années 90 et remixent plusieurs artistes influents de la scène techno du moment (Plastikman, Radio Slave, Ben Klock...). Son dernier album en date est "Keys, Strings and Tambourines" sur Planet E (label de Carl Craig).

Si la musique de Kenny Larkin peut apparaître difficile d'approche (il faut parfois plusieurs écoutes pour apprivoiser ses compositions), elle est cependant pleine d'originalité et de créativité, très loin de s'inscrire dans la facilité.

Le disque :

Comme je vous l'ai dit plus haut, l'intérêt premier de ce maxi est son remix par Mr Larkin. Un morceau hypnotique de plus de 10 minutes, très rèche, avec une compresse qui donnerait presque l'impression d'une saturation, mais qui donne aussi toute la saveur et la couleure au morceau. Pied massif, bassline très ronde, vocale pertinante, et un clavier absolument sublime qui rentre à partir de la moitié du morceau. Le tout donne un morceau ultra-aérien et d'une finesse assez rare, comme Larkin en a le secret. Malgré les années, le père Larkin reste l'un des plus sûr, des plus subtiles mais aussi un des plus étonnants composeur de la Galaxie Detroit et du monde techno tout court. Une petite merveille à la fois particulièrement entrainante et efficace, entêtante et mélancholique dans la plus pure tradition américaine!

Le Label :

Systematic records est créé en 2004 par Marc Romboy. Le label en est déjà à plus de 80 sorties, avec la présence d'artistes réputés tels que Christian Smith, Robert Babicz, Rodriguez Jr., Chelonis R. Jones, Ripperton, Stephan Bodzin ou bien encore John Dahlbäck. Tout en restant dans un registre plutôt techno, il faut noter que la variété des types de productions est l'une des principales qualités du label.


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