mercredi 25 avril 2012

Records of the week by Pedro Datana N°12


Dimanche 22 avril 2012... 1er tour des élections en "Présipautée française"... Du coup, pour marquer le coup, un ami organise une "crêpes party" (aucun rapport direct ou indirect avec l'événement, je vous l'accorde) en cette après-midi qui voit alterner giboulées dignes d’un mois de mars et timide soleil... Forcément, notre Electrosisters répondant au doux nom de Sista est de la partie, et me tanne pour que je lui écrive un article sur un disque pour son blog.

Les résultats des élections tombent, je balance un morceau qui me semble de circonstance, avec la question : « Pourquoi tu mets ce morceau ? »… De là naît cet article sur ce track :

Laurent Garnier – “First Reaction (V2) feat. Sangoma” – F Communications (2005)

Le morceau dont j’ai souhaité vous parler aujourd’hui à sa petite histoire que, évidemment, je vais vous raconter.



21 avril 2002, Laurent Garnier est à Londres. Il joue en début de soirée pour les studios de la BBC. Dans le même temps, en France, le pays constate, un peu effaré, qu’il vient de mettre Jean-Marie Le Pen au 2ème tour de l’élection présidentielle.
Comme beaucoup, le père Garnier est sur le cul (pardonnez l’expression) de voir qu’un représentant d’un parti extrémiste brigue plus que sérieusement le poste dirigeant du pays. Garnier, qui a dans son bac un morceau fraîchement sorti de son studio, demande alors à un de ces amis MC et musicien de jazz, Sangoma, de poser sa vocale sur ce track.
Celui-ci pose alors sa rage et son flow, en dénonçant l’irresponsabilité, la peur de l’autre et le renfermant que symbolise le FN. « First Reaction » est né de coup de massue.

Vous l’aurez compris, ce 22 avril dernier, même si la fille Le Pen n’est pas au 2ème tour, j’ai tout de même ressenti ce sentiment de honte, mais aussi de révolte, de voir le pays dans lequel je vis, accorder 18% à un candidat et à un parti prônant ouvertement de foutre dehors tous ceux qui ne sont pas « utiles », qui dérangent (soi-disant…) et qui ne sont pas de « pure » tradition française (c’est-à-dire blanc, catho, mangeant du saucisson…).
Voilà mon petit coup de gueule, qui je le conçois, ne plaira pas à 18% d’entre vous… Et franchement, je m’en tamponne profond (mais à un point !!) !!!

Le Label :

F Communications. Là encore, est-il besoin de le présenter. Et bien pour l’histoire, oui !
Le label est fondé, comme dit plus haut, par Laurent Garnier lui-même et son acolyte de toujours, Eric Morand. Il naît en 1994 de la volonté d’indépendance artistique que les 2 compères désiraient à la suite de leur passage chez FNAC Music. Durant 14 ans, F Communications restera LE label de référence français en matière de musique électronique. L’éclectisme, la volonté de s’affranchir des barrières, de surprendre caractérisent le label jusqu’en 2008 et sa mise en sommeil.
Il a permis de faire découvrir Scan X, Alexkid, Mr Oizo, Saint-Germain aka Ludovic « où es-tu ? » Navarre, Jaun Trip, Shazz, Lady B, Nova Nova, Aqua Bassino, Jori Hulkkonen, The Youngsters et j’en passe.
Au total, le label compte plus de 230 références (en excluant la 20ène de sorties sur la subdivision F..U ! Com). La touche du label fut bien la prise de risque permanente, un positionnement musical et artistique à l’encontre des canons classiques de la musique électronique, durant plus d’une décennie.

L’artiste :

Est-il encore besoin de le présenter ? Clairement non, mais je le fais quand même ! Au cas où la jeune génération qui ne le connaîtrait pas très bien nous lirait.


Laurent Garnier est sans nul doute l’artiste français qui aura la plus contribué au développement de la musique électronique dans son ensemble dans notre « cher » et « beau » (c’est vrai que l’on a des paysages sympa !) pays.
Voilà bientôt 25 ans qu'il arpente les scènes, clubs, festivals et autrefois les raves à travers la planète, au même titre que les Derrick May, Jeff Mills, Sven Väth et autres Plastikman. A ce titre, il est considéré, à juste titre selon moi, comme l’un des cadors de l’art du deejaying.
Il naît le 1er février 1966, à Boulogne-sur-Mer, d’un père forain et d’une mère coiffeuse. Il se trouve très vite plongé dans l’ambiance des discothèques et joue au DJ dans sa chambre avec la collection de vinyles constituée grâce à un ami de papa, à la tête d’une importante maison de disques. Il s’intéresse à tous les styles, du funk au reggae en passant par le rock.
Mais ses parents rêvent d’un métier plus sérieux pour Laurent et l’encouragent à suivre des études à l’école hôtelière de Paris. Il s’y inscrit et part vivre à Londres en 1987, où il trouve un stage à l’ambassade de France.
Au bout d’un an et demi, il met le cap sur Manchester où il fait ses premières armes de DJ à l’Hacienda, le plus célèbre club de la ville, et qui deviendra par la suite l’un des clubs emblématiques de l’explosion de la house en Grande Bretagne. En pleine expansion de la scène house et acid house, il est surnommé DJ Pedro. Il reste en Angleterre jusqu’en 1990.
De retour en France, il effectue ses obligations militaires et poursuit son parcours musical en jouant régulièrement à Paris au Palace et au Boy. Il y organise les premières soirées house de la capitale avec Eric Rug et amène la techno dans la capitale. Laurent Garnier se fait un nom et commence à se faire une solide réputation dérrière les platines.
Il sort ses premiers singles, « As French Connection » en 1991, « Strange By Design » en 1992 et « A bout de souffle » en 1993. Véritable icône en Angleterre où il n’a jamais cessé de jouer pendant ces années, il publie en 1994 son premier album « Shot In The Dark » après avoir créé son propre label, F Communications, aux côtés d’Eric Morand. Le disque démontre de réels talents de musicien et s’écoule à plus de 70.000 exemplaires à travers une vingtaine de pays.
A la fin de l’année, il franchit à nouveau la Manche pour recevoir quatre Dance Awards anglais, en tant que meilleur DJ, meilleur artiste/producteur, meilleur label et meilleur club (il est devenu organisateur des soirées « Wake up » au Rex, à Paris).
En 1996, il publie un best of sur un label anglais, Laboratoire Mix, qui ne compte qu’une seule plage, longue de 344 minutes
Mais c’est son second album, « 30 », conçu dans ses propres studios de la banlieue parisienne et paru en 1997, qui révèle Laurent Garnier au grand public, non seulement comme DJ mais aussi comme compositeur. Il continue d’y explorer divers styles, touchant même au jazz.
La même année il est élu meilleur DJ en Angleterre, mais aussi meilleur artiste ‘dance’ en France. Il reçoit la première Victoire de la Musique du genre en février 1998 et conçoit la plupart des thèmes des défilés du couturier japonais Kenzo.
Il devient au fil des années 90 l’un des plus fervents défenseurs de la techno originelle venue de Detroit, sans pour autant délaisser la house, la jungle et les autres courants électronique, ou encore le funk ou la soul. Ceci lui vaut de la reconnaissance des pères fondateurs américains, autant pour la qualité de ses DJ sets, que pour son intégrité musicale et son refus de céder à la facilité malgré son succès. Il sera considéré, à tort, comme l’un des grands représentants de la vague « French Touch » de la fin des années 90, ces productions n’yant pas grand-chose à voir avec ce style. Pour preuve son album « Unreasonable Behaviour », qui s’apparente davantage comme un hommage à la house et à la techno américaine et à ses influences soul et jazz.

Durant les années 2000, il reste l’un des artistes les plus influents de la planète électronique. Il sort en 2003 un livre, « Electrochoc » qui constitue une sorte d’histoire de la musique électronique, en racontant son propre parcours. Je vous le conseille d’ailleurs vivement. 2 ans plus tard, il sort un nouvel album très intimiste, « Clouds Making Machine ». Le morceau « First Reaction » est issu de cet album.

*Biographie Laurent Garnier tiré du site www.ramdam.com et complété par mes soins.


Enfin TRES IMPORTANT, les lyrics:

Say what, say what, say what?
Say what?
I woke up from this dream… huh?
Well, it was more like a nightmare.
Mm, I didn’t really know where I was… huh?
Wait a minute… wait a minute...
There were all these people in the streets
There was some kinda protest.
I didn’t know what was going on
I couldn’t believe the eyes,
Their eyes were full of tears, huh?

Uh, there was sadness,
Uh, there had been hurt.
I had a feeling of the people…
It was so beautiful to see the people come together again, huh?
For something they believed in.
And at the same time,
The situation…
The events that brought them together, huh?!

Shocked!
Shocked by the news! Huh?
Where are we going?
What is this?

Anyway,
We were walking…
We were walking and,
we saw this cat.
He came out an underground. Huh?
We could tell he had been hurt, huh?
We saw some blood,
We tried to help him
We were trying to help him!
And the next thing I know, blood was all over me!

What?!
People around everywhere!
Oh my God!
OHH!

I can’t believe it.
This can’t be real!
This can-not be real!
Oh, they caught us by surprise
But not all of us. Huh?!
There were some people who were aware,
There were some people that talked about this
They knew it was coming!
They knew it was coming!
They knew what was in the hearts of so many people. Huh?!
They tried to tell us,
but we wouldn’t listen, huh?

But now…
Now, the reality is here. Huh?!
It’s come out! Huh?!
What’s on your mind?!
What’s going on brother?
Help me!

And they caught us of guard,
but not all of us,
Not all of us. Huh?
Yeah, my neighbour,
your neighbour.
Can you really trust…?
Who can we really trust?
Huh, in times likes this,
the reality comes out.

What’s really on your mind?
WOHW!

Yeah, yeah.
But I’m not signing…
I’m not signing
I’m not signing!
I don’t wanna be a part of it.
I’m not joining
I’m not joining no part. Huh?
I don’t wanna be a part of that thing!

What’s going on brother?!
Help me!
Talk to me.
My brother.

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